Le Shiba Inu, petit chasseur venu des montagnes du Japon

Shiba Inu roux courant dans un champ d’herbe verte

Je vis avec un Shiba, Daïki, et il m’apprend tous les jours quelque chose. Quand on me demande pourquoi un Shiba ne réagit pas comme un Labrador, je commence toujours par la même chose : son histoire. Parce que pour comprendre ce chien, il faut savoir d’où il vient.

Un chien qui vient de très loin

Au Japon, des figurines d’argile de la période Jōmon, il y a plusieurs milliers d’années, représentent déjà de petits chiens aux oreilles droites et à la queue enroulée. Le Shiba descend de ces chiens très anciens. Les études génétiques le rangent d’ailleurs parmi les races dites « basales » : des races restées à l’écart des grands croisements qui ont donné la plupart de nos races modernes au XIXe siècle. En clair, c’est un chien qui a gardé une bonne part de ses origines.

Le « chien des broussailles »

« Inu » veut dire chien, et « shiba » désigne les broussailles. On dit souvent que son nom vient de là : il chassait dans les sous-bois des montagnes, où il débusquait oiseaux, lièvres et petit gibier. Sa robe rousse se fondait dans les feuillages d’automne. D’autres pensent que « shiba » voulait aussi dire « petit » dans l’ancienne langue. Les deux collent bien à ce chien.

Le Shiba fait partie des six races de chiens japonais, avec l’Akita, le Kishu, le Shikoku, le Hokkaido et le Kai. C’est le plus petit de la famille.

Un chien qui a bien failli disparaître

À la fin du XIXe siècle, le Japon s’ouvre à l’Occident, et les chiens européens arrivent avec lui. On croise beaucoup, et les Shibas « purs » se font rares. En 1928, des passionnés créent une association pour sauver les races japonaises, et en 1936 le Shiba est classé monument naturel du Japon.

Puis vient la Seconde Guerre mondiale. Les bombardements, le manque de nourriture, et après la guerre une épidémie de maladie de Carré déciment les chiens. Le Shiba ne doit sa survie qu’à quelques lignées rescapées de différentes régions :

  • le Shiba du Shinshu (région de Nagano), petit et roux ;
  • le Shiba du Mino (région de Gifu), aux oreilles épaisses et à la queue en faucille ;
  • le Shiba du San’in (Tottori et Shimane), plus grand et souvent noir.

Le Shiba d’aujourd’hui est né du mélange de ces lignées. Le premier est arrivé aux États-Unis en 1954, avec une famille de militaires américains, et la race s’est ensuite fait connaître dans le monde entier. En Europe, elle est classée dans le groupe des chiens de type spitz et primitif.

Ce que son histoire dit de son caractère

Un chien qui a chassé seul pendant des siècles, dans des broussailles où l’humain ne le voyait pas, a été sélectionné pour une chose : prendre ses propres décisions. C’est pour ça qu’un Shiba :

  • est indépendant. Il n’est pas « têtu », il réfléchit avant d’obéir, et il a besoin de comprendre ce qu’il y gagne ;
  • a souvent un rappel compliqué et un instinct de chasse bien présent. La longe est souvent une alliée précieuse ;
  • est réservé avec les inconnus et n’aime pas beaucoup qu’on le manipule ou qu’on le contraigne ;
  • est très propre, assez « chat » dans son attitude, et communique de façon subtile. Il faut apprendre à lire ses signaux.

Avec un chien comme ça, la contrainte ne marche pas : elle abîme la confiance et crée de la méfiance. Ce qui marche, c’est la coopération. Un cadre clair, de la patience, et beaucoup de motivation. Quand un Shiba décide de travailler avec vous, c’est une vraie relation d’égal à égal, et c’est ce qui rend ces chiens si attachants.

Vous pensez adopter un Shiba ? C’est un chien magnifique, mais pas pour tout le monde. Prenez le temps de rencontrer des Shibas adultes, de parler avec l’éleveur, et de vous demander si vous êtes prêt à composer avec un chien indépendant. Si vous hésitez, mon forfait Nouvelle vie vous accompagne avant et après l’adoption, dès le choix de la race.

Pour aller plus loin : American Kennel Club, histoire du Shiba Inu ; Nihon Ken Hozonkai, l’association japonaise de préservation des races japonaises.
Photo : Annalise Annalise / Pexels.

L’auteur

Bryan Gein, comportementaliste canin dans le pays de Bitche, formé chez Cynopsy. Approche scientifique et bienveillante, avec un faible pour les races primitives. En savoir plus

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